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En votant massivement NON au référendum sur le
traité constitutionnel, la population laborieuse et la
jeunesse ont manifesté clairement leur exigence : Dehors
Chirac ! Assez de ce gouvernement ! Assez de cette politique !
Mais après avoir infligé une cinglante
défaite à Chirac, les travailleurs constatent
aujourd’hui que Chirac est toujours en place : celui-ci a
remplacé Raffarin par Villepin, fait revenir Sarkozy au
gouvernement neuf mois après l’en avoir
enlevé et a remplacé quelque ministres, tout ceci
pour une politique qui est fondamentalement la même : une
politique au service de la bourgeoisie, une politique contre les
travailleurs et la jeunesse.
Il y a ainsi une contradiction brutale entre le maintien de Chirac au
pouvoir (avec bien évidemment la maintien de la
même politique) d’un côté et,
de l’autre, le vote Non du 29 mai qui exprime la
volonté d’ en finir avec Chirac.
Pour les travailleurs et la jeunesse, il faut que cette contradiction
soit résolue, ce qui implique que réponse soit
donnée à la question : comment chasser Chirac ?
Par quel gouvernement le remplacer et pour quelle politique ?
UN
VOTE DE CLASSE.
Les
résultats sont sans appel : le Non l’emporte avec
54,8% des suffrages exprimés. Ce résultat est
d’autant plus significatif que la participation est
importante (70,5%). Et de manière écrasante les
travailleurs ont voté NON au traité
constitutionnel, NON à Chirac : 80% des ouvriers,
prés de 70% des salariés ont choisi de voter NON
à Chirac.
Dans le Pas-de Calais, le Non obtient 69,5% des suffrages. A
l’inverse, à Neuilly, le fief de Sarkozy, le Oui
recueille 80% des votes. Dans les villes ouvrières, les
votes Non atteignent 65% voire 70% ou plus: 69,65% de « non
» à Vénissieux (Rhône), plus
de 75% à Denain (Nord).
C’est incontestablement un vote de classe.
Pourtant tout avait été fait pour
empêcher qu’un tel vote de classe puisse
s’exprimer sur la question du traité
constitutionnel. En particulier, les deux principaux partis ouvriers
s’opposaient sur cette question. Tandis que le PCF se
prononçait pour le « non », la direction
du PS avait réussi, le 1er décembre 2004 par
référendum interne, , à obtenir de ses
adhérents que la position officielle du PS soit
d’appeler à voter « oui » au
référendum décidé par
Chirac.
La direction du PS – Hollande, Aubry, Strauss-Kahn -
favorable au traité constitutionnel avait reçu,
pour remporter le référendum interne du premier
décembre, l’appui de toutes les bureaucraties
syndicales : tandis que les militants socialistes partisans du Non
espéraient que les syndicats appelleraient à
voter « non » au traité constitutionnel
- ce qui aurait été un point d’appui
décisif pour faire basculer la majorité du PS en
faveur du « non » - il n’y eut
strictement aucun appui de ce côté-là.
La consigne fut systématiquement donnée
– y compris dans le PCF, la LCR, le PT –
qu’aucun syndicat ne se prononce pour le « non
» avant le référendum interne au PS, le
1er décembre 2004.
Et si après le 1er décembre, certains syndicats
(Unions départementales ou
fédérations) appelèrent à
voter « non », les
confédérations refusèrent
jusqu’au bout de mener campagne pour le « non
». La direction de la CGT refusa toute prise de position
jusqu’à la réunion du Conseil
Confédéral du 3 février. Battu lors de
ce CCN (qui se prononça «pour le rejet du
traité » lors du
référendum), obligé de
reconnaître que la position nationale de la CGT
était bien celle du « non », Thibault et
la direction de la CGT n’en interdirent pas moins toute
campagne de masse pour le « non ». Thibault
expliqua au contraire que, quel que soit le résultat du
référendum, rien ne serait changé pour
les travailleurs.
La direction de la FSU essentiellement dirigée par le PCF
(et la LCR) refusa d’appeler clairement au vote «
non ». Et la direction de FO, tout en critiquant le
traité, rejeta énergiquement toute consigne de
vote.
Ceci laissait le terrain libre à Hollande et ses amis.
Ceux-ci ne cessaient de répéter qu’il
ne fallait pas confondre la question de l’Europe et la
question de Chirac, qu’il fallait attendre 2007 pour voter
contre Chirac. En clair, il ne devait pas y avoir de vote de classe le
29 mai.
Les travailleurs et la jeunesse en jugèrent autrement : en
votant massivement « non », ils expriment leur
volonté d’infliger une défaite
à Chirac, et d’en finir immédiatement
avec lui. Ils affirmaient que la politique anti-ouvrière
conduite en France et le traité constitutionnel
étaient les deux face d’une même
politique qu’ils rejetaient. C’était en
clair un vote de classe.
Vote de classe, il le fut du point de vue de la composition «
sociale », l’écrasante
majorité des ouvriers et des salariés ayant
voté « non » de même que
l’écrasante majorité de la jeunesse et
de toute la population active, de la totalité des banlieues
et des villes ouvrières. Mais aussi vote de classe
d’un point de vue politique, ce qui s’est
exprimé par le fait que durant les mois qui
précédèrent le
référendum, en dépit de la politique
des directions des syndicats ouvriers et de la direction du PS, des
dizaines de milliers de militants ouvriers, tous partis et syndicats
confondus, y compris une part décisive des militants du
Parti socialiste, s’engagèrent d’une
manière active pour le « non »,
multipliant les discussions, les réunions, les prises de
positions, s’organisant de multiples façons.
LA
LUTTE DES CLASSES DEMEURE LE MOTEUR DE L’HISTOIRE.
Chirac,
en annonçant en juillet 2004 le recours au
référendum, escomptait que, outre l’UMP
et l’UDF, le Parti socialiste appellerait à voter
« oui » comme il l’avait fait en 1992
pour le traité de Maastricht. Le désaccord entre
le PS et le PCF sur cette question centrale permettait
d’affirmer qu’il n’y avait pas
d’alternative possible à Chirac, qu’il
n’y avait pas de gouvernement PS-PCF possible. Mais Chirac et
ceux qui poussaient à choisir le
référendum n’avaient pas
prévu que se développe, au sein même du
PS, une opposition à un « oui » aux
côtés de Chirac : cette opposition qui
s’exprima dès le mois de juillet 2004, souvent
confuse mais de plus en plus vigoureuse, était la
réfraction au sein du PS des combats de la classe
ouvrière contre Chirac et sa politique.
C’était en particulier la réfraction
des puissantes mobilisations de mai-juin 2003 que prolongeaient, sur le
plan électoral, les défaites infligées
à Chirac en mars puis juin 2004.
Puis, en janvier, février et mars 2005, une nouvelle vague
de mobilisations se développait, marquée par les
manifestations du 20 janvier, du 5 février à
l’appel des confédérations
ouvrières, du 10 mars (plus d’un million de
manifestants) ; les enseignants et les lycéens en
particulier engageaient le combat pour le « retrait de la loi
Fillon » (réforme sur l’école
dont Chirac avait fait un point central de son programme). Une fois
encore, comme en mai-juin 2003, la mobilisation s’affrontait
au gouvernement, à sa politique. Une fois encore, les
dirigeants syndicaux protégeaient le gouvernement. Ainsi la
direction de la FSU refusait l’appel à la
grève et à la manifestation nationale avant le 5
février ( début des congés
d’hiver durant lesquels le projet devait être
présenté au Parlement) pour le retrait de la loi
Fillon, comme elle refusa au lendemain des vacances de
février d’appeler à la grève
et à la manifestation avec les lycéens, les
laissant seuls et désarmés face au gouvernement
et à des bandes de « cogneurs ».
La loi Fillon fut finalement votée. Mais la
volonté d’infliger une défaite
à ce gouvernement, d’en finir avec Chirac et son
gouvernement était plus grande que jamais.
C’est en s’appuyant de facto sur cette mobilisation
et sur cette aspiration qu’un nombre croissant de militants
du PS s’est engagé et organisé pour le
« non ». Cet engagement est, à son tour,
devenu un facteur déterminant pour le renforcement du vote
Non.
C’est dans ces conditions que finalement, le 29 mai, le Non
fut largement majoritaire, ceci en dépit du cadre
imposé (celui d’un
référendum plébiscite
caractéristique de la Vème République
gaulliste), et en dépit du refus du PS, du PCF et de tous
les dirigeants des syndicats, de réaliser le Front unique
contre Chirac et son gouvernement.
FRONT
UNIQUE POUR CHASSER CHIRAC.
Au
soir du 29 mai, nombre de travailleurs et de jeunes attendaient que les
dirigeants des organisations ouvrières exigent le
départ immédiat de Chirac, réalisent
l’unité pour imposer ce départ et, si
besoin était, appellent à manifester. Ce fut un
silence absolu. Marie George Buffet, pas plus que Hollande ou
Strauss-Kahn n’eurent un mot clair pour exiger le
départ de Chirac ; y compris parmi les partisans socialistes
du « non », exceptions faites d’une ou
deux « petites phrases », aucune campagne ne fut
menée pour exiger le départ de Chirac.
Tout au contraire, Buffet et Hollande
s’empressèrent de demander à Chirac
« une autre politique ».
L’Humanité titra (le 31 mai) : « Jacques
Chirac doit appliquer le mandat que lui ont fixé les
électeurs…le gouvernement qu’il
s’apprête à désigner doit
rompre avec le libéralisme ». Personne ne pouvait
croire un seul instant que Chirac fasse une autre politique ! Mais cela
signifiait que Chirac était invité à
se maintenir au pouvoir alors que toute la situation exigeait, et
impose encore, de mener campagne pour le départ
immédiat de Chirac.
Et si certains - comme MG Buffet - demandèrent
(discrètement) la dissolution de
l’Assemblée nationale sans exiger le
départ immédiat de Chirac, ceci revenait
à légitimer Chirac – qui seul, dans le
cadre de la Vème République gaulliste, peut
dissoudre l’Assemblée – et à
préparer au mieux … une nouvelle cohabitation.
Dans ces conditions, Chirac avait tout loisir de remodeler son
gouvernement, d’en changer quelques masques, tels Raffarin
remplacé par Villepin (comme Premier ministre) ou Fillon
remplacé par de Robien.
Pourtant tout témoigne de l’extraordinaire
fragilité de Chirac et de ce gouvernement : les dissensions
ouvertes au sein de l’UMP et entre l’UMP et
l’UDF – qui n’a pas voté la
confiance au gouvernement – en sont une expression. De
même la manœuvre que dut opérer le
gouvernement qui suspendit (pour un temps) les décrets
d’application de la loi Fillon contre laquelle
s’étaient mobilisés les enseignants et
les lycéens.
Et c’est parce que ce gouvernement Chirac est d’une
grande fragilité que les bureaucrates syndicaux - soucieux
de protéger Chirac jusqu’en 2007 – se
sont aussitôt portés à son secours.
LE
RÔLE DU « DIALOGUE SOCIAL ».
Dès
le 6 juin, c'est-à-dire cinq jours avant son discours
à l’Assemblée Nationale, Villepin
reçoit les dirigeants syndicaux. « C’est
une première », se félicite JC Mailly (
FO) qui commente : « le Premier ministre a voulu marquer son
intérêt pour le dialogue social ». Ce
faisant, les dirigeants syndicaux répondent à la
demande de Chirac « d’agir ensemble, avec
à l’esprit le seul intérêt
national » (ce qui, pour Chirac, ne peut être que
l’intérêt de la bourgeoisie).
On connaît le résultat. Villepin met au
cœur de son discours l’ attaque contre le code du
travail , avec le « contrat nouvelle embauche » (
ce qui généralise la
précarité : l’embauche en CDI avec une
période d’essai de deux années, dans
les petites entreprises pour commencer, conduit à liquider
les CDI). Le plan Villepin accentue la précarisation de la
jeunesse avec le développement de l’apprentissage,
le projet de « service militaire adapté
» et les contrats dérogeant au code du travail. La
mise en place du « chèque-emploi »
ré-instaure le travail journalier ou à la
tâche. Ce plan accentue le pillage de la
Sécurité sociale en accordant 4,5 milliards
d’euros supplémentaires d’
exonérations de cotisations patronales. Les
chômeurs devront accepter n’importe quel petit
boulot. Dans la Fonction publique, l’attaque contre le statut
des personnels se combinera avec de nouvelles réductions de
postes et le développement des contrats
précaires…, tandis que seront
accélérées les privatisations.
Face à cette politique réactionnaire, la
première exigence formulée à
l’adresse des dirigeants syndicaux, c’est :
assez de « négociation » ! Ces lois
réactionnaires ne sont pas négociables !
Il n’y a pas à négocier les
décrets d’application de la loi Fillon, celle-ci
doit être abrogée immédiatement. Il
n’y a pas à aménager le «
contrat d’embauche » Villepin : retrait
de ce projet! C’est
sur cette base que peut être organisée la
mobilisation.
L’essentiel de ce plan doit passer par ordonnances pour
accélérer sa mise en œuvre : à
bas les ordonnances! Puisque les
syndicats, le PS et le PCF se prononcent contre ces ordonnances, qu’ils
décident, dans l’unité, d’une
manifestation centrale à l’Assemblée
nationale pour interdire le vote autorisant les ordonnances!
Mais cela ne peut en aucun cas être avec
l’objectif, comme le PCF et le PS en font la demande,
d’un débat parlementaire conclu par un vote : car
l’UMP (avec l’UDF) y sont majoritaires alors
qu’ils sont ultra-minoritaires dans le pays : cette
« majorité » parlementaire doit
être chassée ! Chirac doit être
chassé ! La manifestation centrale à
l’Assemblée nationale implique donc
nécessairement cet objectif, ainsi que la formulation
d’une alternative gouvernementale.
QUELLE
RÉPONSE À LA QUESTION DU POUVOIR ?
Face
à cette question on ne peut que constater un silence
général: tout est bon pour ne pas
répondre à la question centrale,
décisive qui ordonne tous les problèmes
aujourd'hui, la question du pouvoir. Ou pour répondre
à côté.
Il y a ceux qui, au PS avec François Hollande,
répètent sagement que « Chirac ne
s’en ira pas »…puisqu’il
l’a dit ! Et proposent donc, satisfaits, d’attendre
2007… Il y a ceux pour qui, tels MG Buffet et le PCF, la
situation serait marquée « par une absence de
perspective politique » et préparent donc un
« rassemblement » pour « la prochaine
échéance électorale » (ils
mènent donc campagne pour que Chirac « retire sa
signature » du Traité constitutionnel
européen et « renégocie le
traité » ce qui revient à le
légitimer au lieu de mener campagne pour le chasser )
Il y a ceux qui, tels la LCR au soir du 29 mai, écrivent
« Chirac démission ! », mais rangent
bien vite leur slogan parce qu’ils se refusent à
formuler toute alternative gouvernementale aujourd’hui (aussi
n’ont-ils rien d’autre à proposer que
« les luttes, dans la rue, pour l’emploi, les
salaires, les services publics, l’éducation
», alors que précisément
c’est l’absence d’issue politique qui
entrave « les luttes »).
Il y a même ceux qui évoquent « un
gouvernement des organisations ouvrières », en
prenant soin de ne pas dire lesquelles!
Il y a aussi ceux qui demandent une « constituante souveraine
» tel le Parti des Travailleurs (afin de ne pas formuler
d’alternative gouvernementale) ou une «
VIème République » (comme Montebourg ou
l’éditorialiste du quotidien patronal les
Échos), comme si aujourd'hui la question était de
refonder un État bourgeois pour un capitalisme moins
féroce, alors que la question clef demeure : quel mot
d’ordre immédiat, quel gouvernement transitoire,
dans la situation concrète d’aujourd'hui qui
puisse permettre à la classe ouvrière de
reprendre l’offensive et chasser Chirac ? Quel gouvernement
peut permettre à la classe ouvrière
d’en finir avec la Vème République?
La non réalisation du Front unique contre Chirac et le
traité constitutionnel avant le 29 mai, la division
persistante du PS et du PCF jusqu’au 29 mai n’a pas
suffit à empêcher les travailleurs de voter
massivement Non et d’infliger une défaite majeure
à Chirac ; mais au soir du 29 mai, l’absence de
front unique a paralysé tout puissant mouvement
spontané qui aurait permis de chasser Chirac.
C’est cette question qui doit être aujourd'hui
résolue.
GOUVERNEMENT
DES SEULS PS ET PCF SANS CHIRAC NI MINISTRE D’ORGANISATIONS
BOURGEOISES.
Les
travailleurs sont lucides : en l’absence de Parti ouvrier
révolutionnaire, quelle autre solution y a-t-il que
d’utiliser le PS et le PCF pour tenter de s’ouvrir
une issue politique ? C’est ce qu’ils ont fait en
mars, puis en juin 2004 en votant massivement pour les candidats du PS
(et du PCF) aux élections cantonales, pour les listes
dirigées par le PS aux élections
régionales (bien que ces listes comportaient des candidats
de formations bourgeoises). C’est ainsi qu’en mars
2004, les candidats de l’UMP, de l’UDF ont
été balayés dans 20 régions
sur 21.
Et en mars 2004, et plus encore en juin 2004, les travailleurs et les
jeunes furent moins nombreux que précédemment
à voter pour les candidats des listes LCR et LO (sans
même parler du PT) parce que la LCR et LO refusaient de
formuler toute alternative gouvernementale et
répétaient : « plus jamais le PS au
gouvernement ».
Ce que recherchent nombre de travailleurs, c’est une
alternative gouvernementale à Chirac, une alternative qui
réalise le front unique des partis ouvriers, et une
alternative qui ne soit pas la répétition de la
politique suivie de 1997 à 2002. Quel mot d’ordre
est à même aujourd’hui de
réaliser l’unité des organisations
ouvrières si ce n’est celui de
«gouvernement des seuls PS et PCF » ? Non pas un
gouvernement intégrant des organisations bourgeoises et
respectant Chirac – comme en 1997 – mais un
gouvernement sans Chirac et sans organisations bourgeoises. Ils ne le
feront pas d’eux-mêmes ? C’est
évident. Mais c’est sur cet axe que la
mobilisation peut s’engager pour en finir avec Chirac,
c’est sur cet axe que doit être engagé
tout combat pour les revendications.
Aujourd'hui ceux qui cherchent à protéger Chirac
expliquent : « mais un gouvernement du PS et du PCF est
aujourd'hui impossible, puisque, à la différence
du PCF, la direction du PS a appelé à voter
« oui » et de plus, le PS est en crise ».
À cela le passé récent permet de
répondre : ceux qui à
l’intérieur du PS – comme à
l’extérieur – ont combattu pour que
puisse se réaliser un vote de classe sur le « non
» ont, de fait, sauvé le PS du désastre
et porté un coup à ceux - tels Hollande
Strauss-Kahn et Aubry - dont la politique conduit à la
liquidation du PS au compte de la bourgeoisie. Combattre aujourd'hui
pour que le PS et le PCF déclarent que Chirac doit partir,
déclarent qu’ils sont prêts à
constituer dès aujourd'hui un gouvernement du PS et du PCF,
c’est ouvrir une issue politique au combat de la classe
ouvrière et c’est poursuivre le combat contre les
liquidateurs du PS.
LA
CLASSE OUVRIÈRE PRENDRA L’INITIATIVE ET COMBATTRA.
Il
n’y a pas d’illusion à avoir :
même si le PS et le PCF étaient contraints de
former un gouvernement sans ministre bourgeois, ils
n’auraient pas changé de nature. Ils ont
renié officiellement le « socialisme »,
le « communisme » et fait allégeance au
mode de production capitaliste. Même si un gouvernement
PS-PCF sans ministre bourgeois était au pouvoir, la classe
ouvrière, la population laborieuse devraient combattre pour
arracher leurs revendications d’autant que celles-ci mettent
obligatoirement en cause le régime capitaliste.
En tête de ces revendications figure l’annulation
des toutes les « réformes »
réactionnaires qui depuis des années ont
rogné les conquêtes ouvrières : lois
Fillon contre les retraites, l’assurance maladie,
l’école, lois Sarkozy et lois
Perben,…Et aussi toutes les lois telle la loi Aubry qui
annualise et flexibilise le temps de travail jusqu’aux lois
récentes qui développent la
précarisation du travail. Seront également
exigées :
- Contre la vie chère : échelle mobile des
salaires, rattrapage du pouvoir d’achat perdu.
- Contre le chômage : pour le droit au travail,
échelle mobile des heures de travail – sans
flexibilité ni perte du pouvoir d’achat
– ce qui passe par le rétablissement d’
une stricte définition quotidienne et hebdomadaire du temps
de travail. L’échelle mobile des heures de travail
signifie la réduction du temps de travail à
hauteur de ce qui est nécessaire pour que tous les
chômeurs retrouvent un emploi tout en préservant
ou rétablissant les acquis (garantie des salaires
réels, des conventions collectives et statuts nationaux,
aucune flexibilité ni annualisation, un seul contrat en
CDI…)
Aucune de ces revendications n’est compatible avec le
maintien de Chirac et de la Vème République.
Toutes mettent en cause le régime capitaliste. Toutes
exigent que le prolétariat prenne et gère le
pouvoir.
SEUL
LE PROLÉTARIAT PEUT UNIFIER L’EUROPE.
L’Union
européenne est une alliance conflictuelle entre
États bourgeois. Avec cette union, le capitalisme tente de
surmonter le cadre trop étroit des frontières
nationales dans lesquelles il étouffe. Mais
l’Union européenne ne peut faire
disparaître les Etats nationaux dans lesquels le capitalisme
s’est constitué. Tout s’y traite en
fonction des rapports de forces entre les impérialismes.
Dès que la crise économique et
financière réapparaît, chaque
bourgeoisie, chaque capitalisme fait prévaloir ses
intérêts en s’appuyant sur son
État.
Seul le prolétariat peut unifier l’Europe. Mais
cela implique en préalable que chaque prolétariat
prenne le pouvoir, s’attaque à la
propriété privée des moyens de
production, démantèle l’État
bourgeois en instaurant un État ouvrier. Tout combat majeur,
toute victoire d’un prolétariat d’Europe
contre sa propre bourgeoisie est et sera nécessairement un
point d’appui pour tous les prolétariats
d’ Europe. Au pouvoir, la classe ouvrière :
- Abrogerait l’Union européenne ;
- Annulerait les traités des capitalistes d’Europe
(Maastricht, Amsterdam, Traité constitutionnel…)
Au pouvoir la classe ouvrière combattrait pour :
LES
ÉTATS-UNIS SOCIALISTES D’EUROPE.
Après
la défaite de Chirac le 29 mai, la réalisation du
Front unique pour le chasser serait pour la classe ouvrière
un nouveau pas sur cette voie. C’est pourquoi, le combat
essentiel aujourd'hui, c’est le combat pour
LE
FRONT UNIQUE POUR CHASSER CHIRAC
Pour un gouvernement des seuls PS et PCF.
12
juin 2005
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